Jeremie NOËL

Photos et récits de voyages

Jordanie : Mer Morte, Petra et Wadi Rum

De la Mer Morte à Petra en passant par le désert du Wadi Rum, la Vallée du Jourdain et Amman, quelques impressions d'un voyage d'une semaine en Jordanie.

March 18, 2013
Jordanie-JN-2012-25

La veille du départ en Jordanie, bien sûr, on se refait Indiana Jones et la Dernière Croisade. Officiellement, c’est pour se mettre dans l’ambiance et jeter un œil à Petra avant de la voir en vrai. En réalité, c’est pour revoir pour la 17ème fois ce film génial… parce que Petra, on la voit à peu près 45 secondes sur un film de plus de 2h en fait.

C’est pas grave, on est dans le bain.

On commence par Jerash

On arrive à Amman où on ne reste pas parce que, d’une part, on soupçonne largement qu’il n’y a strictement rien à y voir et, d’autre part, on n’aime pas le tourisme urbain. On file au Nord pour Jerash, un joli amoncellement de ruinas qui évoque vaguement la Baalbek libanaise en un peu mieux conservé. Temple de Zeus (que notre guide qualifie de Dieu du Soleil avec un aplomb qui m’aurait peut-être fait douter si mon frère n’avait pas explosé de rire à côté de moi), place ovale, amphithéâtres, vestiges d’églises byzantines. Tout ça est à la fois fort beau et un petit peu bordélique. Croiser deux autochtones en habit traditionnel jordanien jouant de la cornemuse pour les touristes ne contribue pas vraiment à rendre l’ensemble plus homogène. Un vestige de la colonisation britannique, apprend-on… il n’en faut pas plus pour nous convaincre du véritable fléau que fut cette histoire de colonisation.

La Mer Morte

Après cette étape culturo-folklorique, nous reprenons la route au Sud. Nous repassons par Amman – et entreprenons de la snobber une deuxième fois en moins de 24h – et filons jusqu’à la Mer Morte. Petite incise culturelle, la Mer Morte est ainsi nommée car son niveau de salinité (près de 350 grammes de sel par litre d’eau – par comparaison, la Méditerranée concentre entre 36 et 38 grammes de sel par litre) interdit la prolifération de la moindre forme de vie, qu’elle soit animale ou végétale. Sur une mosaïque pluri-centenaire représentant la région dans une église à Madaba, on a même représenté de malheureux poissons faisant demi-tour dans le Jourdain pour éviter de se retrouver piégés dans la Mer Morte.

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Ponton – Mer Morte (Jordanie)

Au bord de la Mer Morte, nous logeons au Movenpick Dead Sea (astucieusement nommé). Si l’hôtel, immense, doit être invivable en pleine saison touristique, au mois de décembre, il s’en dégage une impression de village fantôme tout à fait délectable. On navigue de piscine en piscine et de restaurant en restaurant en échangeant des regards de satisfaction entendus avec les autres rares touristes qui ont eu la même brillante idée de venir profiter de tout cela hors saison.

Le climat est idéal, juste chaud et ensoleillé comme il faut dans la journée et frais le soir. Ce d’autant que pour une raison que je n’ai pas le courage de chercher (émanations de la Mer Morte ou supplément d’atmosphère lié au fait d’être dans une cuvette à 400 mètres sous le niveau de la mer), on n’attrape pas de coup de soleil dans la région de la Mer Morte. On passe donc la journée entre les sources chaudes et souffrées de Ma’in, des bains de soleil sans risques (et surtout sans la pénible corvée du crémage) et des baignades dans la Mer Morte. Ca, c’est le sommet. Parce que, comme Obélix dans L’Odyssée d’Astérix, on flotte. Mais on flotte vraiment, hein, au point qu’il est difficile de nager parce que, une fois sur le ventre, les pieds remontent automatiquement à la surface. On ressort, on se tartine de boue aux vertus médicinales (et ludiques) avérées, on sèche et on retourne flotter dans la Mer Morte.

Le paysage de la Mer Morte, grande étendue d’eau située au milieu d’un grand désert rocailleux, est relativement unique. On y ressent un sentiment d’irréel renforcé le matin par l’absence de distinction entre l’eau et le ciel et le soir par des lumières d’une douceur surprenante. Une danse du ventre bas de gamme chacun des deux soirs où on est restés. On est bien, en vacances.

En route pour Petra

S’ensuit une longue journée de route pour Petra, meublée par quelques attractions mineures mais pas déplaisantes : le Mont Nebo et sa vue sur la Vallée du Jourdain, Madaba et sa mosaïque, Kerak et son fort de croisés.

Et puis, enfin, on y est. A Petra. Je sifflote Indiana Jones. Elle mérite une ode à elle seule : Petra la sublime. Nous y passons deux jours pleins. J’aurais pu y rester 4 ou 5 jours. Y retourner, m’asseoir sur une esplanade dans les hauteurs et rester calmement là à lire ou juste regarder. On ne s’en lasse pas.

Ce dont on se lasse, en revanche, ce sont les tags infâmes et les boîtes de conserve laissés à l’intérieur des mausolées. Qui fait ça ? Quel genre d’abruti se fout si éperdument de la beauté de l’endroit pour y peindre, à la bombe bleue, « Jean-Louis était là » (je dis Jean-Louis mais c’est une licence poétique) ?

Excursion dans le désert du Wadi Rum

Entre les deux jours passés à Petra, nous partons explorer rapidement le désert du Wadi Rum, une véritable merveille naturelle. Désert principalement rocheux, on l’arpente assis à l’arrière d’un pick-up, à l’air libre. Quelques petites dunes de sable mais surtout de magnifiques et monumentales formations rocheuses qui évoquent d’interminables empilements de petites maisons troglodytes arrondies. L’érosion a parfois fait s’écrouler un grand pan de falaise. A ces endroits, on dirait qu’un sabre géant a sectionné, nette, la montagne. On passe même devant un mur, celui de la maison de Lawrence d’Arabie, parait-il. Là, on est obligé de les croire sur parole. En repartant vers Petra dans la lumière rose de la fin de journée on se dit qu’on aurait bien aimé passer une semaine à marcher et bivouaquer dans cet endroit follement apaisant.

Et puis le voyage se termine par une visite expresse des quelques monuments sans grand intérêt d’Amman (on a craqué). Mon attention est plutôt attirée par les quelques Jordaniens en pleine partie de foot du vendredi (le dimanche des Musulmans). Ils sont nuls mais ils s’y croient, se roulent par terre au moindre contact, s’invectivent en permanence. Un joueur particulièrement pénible, arborant sans gloire le maillot de Lionel Messi, quitte même le terrain pour aller bouder 10 minutes après une altercation absurde avec un partenaire. Quel que soit le pays, un mec qui joue au foot, c’est toujours aussi con. On appelle ça un sport universel.

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Messi fait la gueule – Amman (Jordanie)

Après tout ça, on aurait envie de rester dans ce beau pays mais les fonctionnaires de l’aéroport se chargeront – avec une constance défiant l’entendement – de chasser tout éventuel regret de partir. Absolument odieux, aboyant des ordres inintelligibles et nous toisant systématiquement avec la morgue caractéristique du petit chef demeuré, nous quittons la Jordanie soulagés d’échapper aux pires douaniers du monde.

 

Photos Jordanie

Itinéraire Jordanie


Petra la sublime Mowani Mountain Camp – Twyfelfontein
Petra la sublime
Mowani Mountain Camp – Twyfelfontein


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